Dix-huit
collégiens de Lutterbach étaient accueillis lundi
et mardi au Carreau des métiers d'art. Objectif :
leur permettre de découvrir la réalité des
carrières de l'artisanat. Travail du vitrail, ébénisterie,
mosaïque, tapisserie... quelle que soit la spécialité,
la meilleure façon d'apprendre reste de pratiquer.
Ils avaient
tous la même crainte : ne pas être à la
hauteur. Les voilà rassurés... En couture, Marion
et Nil peaufinent une pochette couleur parme, tandis que dans
l'atelier voisin, Maël, qui se destine à une carrière
d'ébéniste, met la dernière main à
un plateau en bois. Quant aux têtes alignées sur
l'établi, elles sont l'oeuvre de trois stagiaires en sculpture
sur bois.
Découvrir
la réalité des métiers de l'artisanat
Étonnant,
ce que l'on réussit à faire après seulement
deux jours de stage. « La 3e est le moment où
l'on décide de son orientation. L'idée est que chaque
élève ait la possibilité de découvrir
la réalité des métiers de l'artisanat. Ils
repartent tous avec leur propre création »,
explique Jean-Clément Costes, directeur du Carreau des
métiers d'art, qui accueillait lundi et mardi 18 élèves
de 3e du collège de Lutterbach.
Professeur de français, Béatrice Wieser coordonne
l'option « découverte professionnelle ».
Chaque semaine, trois heures de cours sont réservées
à la découverte des métiers. Toutes les six
à sept semaines, la branche change. Septembre-octobre étaient
consacrés à l'artisanat, novembre-décembre
au transport et à la logistique, janvier-février
à la santé et à la justice ; quant à
mars et avril, ils seront dédiés à la presse
et à la communication. Chaque fois, des sorties sont organisées,
qu'il s'agisse d'assister à une audience du tribunal correctionnel,
de découvrir les urgences du Moenschberg ou... le Carreau
des métiers d'art.
Après une première visite au mois d'octobre,
les 18 élèves étaient de retour en ce début
de semaine. Cette fois pour mettre la main à la pâte.
Avec des motivations diverses, mais un enthousiasme partagé.
Dans l'atelier couture, Lydie Schaeffer, nouvelle venue au Carreau,
guidait Marion et Nil dans la confection d'une pochette. « Hier,
on a déjà fait des chemisiers. Ici, au moins, on
travaille avec nos mains. C'est pas comme à l'école...
Ça me plaît ! », s'enthousiame Nil,
future « acheteuse internationale ». Quant
à Marion, elle pense déjà à tous les
vêtements de poupées qu'elle va pouvoir confectionner
pour sa petite soeur...
Le
métier qu'il rêvait de faire quand il était
petit
En
ébénisterie, Maël, 15 ans, est particulièrement
concentré. Il est le seul du groupe à envisager
fermement une carrière dans l'artisanat. Son objectif ?
Intégrer le lycée professionnel de Cernay ou trouver
un patron, devenir ébéniste et, pourquoi pas, intégrer
un jour l'équipe du Carreau. « Ce serait sympa ! »
Martin, 14 ans, n'a pas encore de plan de carrière, mais
est lui aussi ravi ; quant à Kevin, futur mécanicien,
il a voulu voir ce qu'était le métier qu'il rêvait
de faire quand il était petit.
En marquetterie, Joey, 14 ans, est un peu déçu.
La rose qu'il vient de réaliser présente quelques
défauts. « C'est très difficile. Les
pièces sont toutes petites et il faut être hyper-précis »,
s'étonne-t-il. Juste à côté, Ilyes,
déjà auteur d'une tête sculptée et
d'un vide-poche, tourne un bougeoir : « j'aime
beaucoup cet atelier, qui permet d'être très créatif ».
Plus répétitif, le travail du tapissier enthousiasme
moins Quentin, arrivé là un peu par défaut
- les autres ateliers affichant complet. « C'est
assez ennuyeux de toujours devoir compter les clous »,
explique-t-il.
Aucune trace d'ennui en revanche chez la mosaïste voisine.
Aurélie Osouf a conquis son public - mixte, pour une
fois. Pour réaliser leur mosaïque, Jan et Mélanie
utilisent marbre, grès et brique. « J'aime bien
les pierres et les couleurs des pâtes de verre. C'est très
joli, même si le travail est assez répétitif
et qu'on se tape de temps en temps sur les doigts. Et puis la
prof est super sympa ! », s'enthousiame Mélanie.
« Ça me plaît de transmettre et de rencontrer
des jeunes qui ont de l'intérêt pour ce que je fais »,
estime pour sa part Aurélie.
L'atelier
« vitrail » a reccueilli le plus de suffrages
Florian
et Valentin ont opté pour la reliure et personnalisent
porte-documents et carnet. Quant au dernier atelier, c'était
aussi le plus demandé. « Il y avait huit ou
neuf volontaires ! », remarque Béatrice
Wieser. Preuve que le vitrail fascine toujours... « Nous
faisons du montage traditionnel, avec un modèle peint à
la grisaille, cuit au four à 630°, que nous allons
ensuite souder. Hier, nous avons reporté le dessin et fait
la coupe en matinée, peint l'après-midi, cuit le
soir », explique Stéphanie Hoareau. « Je
ne pensais pas que c'était aussi difficile. C'est très
exigeant : il faut être rigoureux et patient »,
remarque Iseulys, 14 ans. Rigueur et patience : deux qualités
indispensables à tout artisan... comme à tout bon
élève !
Valérie
Walch (DNA, jeudi 22 février 2007)